Tel un poème en prose
Un été automnal sur les collines tel un poème en prose. La brise est une cadence légère que je sens sans l’entendre dans la modestie des arbustes. L’herbe tend vers le jaune, images en ascèse qui séduisent la rhétorique en se comparant à ses fourberies. Pas de célébrations sur ces sentiers à l’exception des suggestions du moineau affairé entre sens et absurde. Et la nature est un corps qui s’allège de son clinquant et de ses atours que mûrissent la figue, le raisin, la grenade et l’oubli de désirs que la pluie ravive. "N’était mon désir obscur de poésie, je n’aurais eu besoin de rien", dit le poète qui, ayant perdu de son enthousiasme, commet moins de fautes et marche. Les médecins lui ont conseillé de marcher sans but précis, pour exercer son cœur à l’insouciance nécessaire à la bonne santé. Et s’il marmonne, son propos est sans importance. L’été est rarement propice à la déclamation. L’été, poème en prose indifférent des aigles tournoyant au firmament. Et l'identité ? je dis.
Il répond : Autodéfense...
L'identité est fille de la naissance. Mais
Mahmoud Darwich, La trace du papillon : pages d'un journal (Eté 2006 - été 2007), Actes Sud, 2009 .- ISBN : 978-2-7427-8264-2
Photo : Castleguard (Pixabay)
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