La Palestine est là… où elle a toujours été
Un film de Ariella Aïsha Azoulay
France, 2026
Documentaire, 46 min.
Seize personnes, visages hors champ, reviennent sur la violence de la Nakba, telle que capturée par des dizaines de photographies en noir et blanc prises en Palestine entre 1948 et 1950 - et disent, depuis le présent, ce qui pouvait déjà se voir en 1948 : la matrice de la violence coloniale écrasante, les micro-résistances, les imaginaires du retour, et la tension entre une entreprise d'effacement et une Palestine qui, envers et contre tout, demeure.
A partir de photographies d’archives, Ariella Aïsha Azoulay construit une “Histoire potentielle” reliant Palestiniens et Israéliens, remet en question le discours d’un conflit inévitable, révèle ce que l’historiographie officielle tait, et met en lumière des concepts comme la citoyenneté, la souveraineté ou encore la violence.
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Écriture et réalisation : Ariella Aïsha Azoulay
Montage : Samy Sidali
Image : Nader Chalhoub, Samy Sidali, Yohana Benattar
Son : Jean Avedikian
Montage son : Anaïs Cab
Mixage : Elias Benamra
Étalonnage : Julien De Sousa
Production : Raphaëlle Cittanova, Juliette Desseauve pour Itsi Bitsi Films
> Contact
Partenaires
Modern Culture & Media & Malcolm Forbes Funds, Brown University
Bòlit, Contemporary Art Centre Girona
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« Le génocide à Gaza et son soutien par les pays occidentaux – à l’encontre de l’opposition massive des manifestants et militants dans le monde entier - nous oblige à regarder sa genèse au lendemain de la deuxième guerre mondiale, lorsque le monde occidental, par le biais de l’ONU qu’il venait de créer, a décidé de sacrifier la Palestine afin de « résoudre » ce dont l’Europe avait défini depuis longtemps comme le « problème juif ».
Le génocide qui a initialement détruit la Palestine vers la fin des années 40, nous dit-on, a eu lieu sans images. Est-ce vrai ? Est-ce possible ? Ou est-ce leur quasi-absence qui permet de ne pas voir que la violence génocidaire contre la Palestine n’a pas cessé depuis 1948 ? Dans son célèbre livre “Les Palestiniens – La photographie d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours“ (Hazan, 2004) Elias Sanbar atteste qu’il n’y que « neuf images pour 800,000 manquantes » et décrit ceci comme un double exil – du pays et de la visibilité, un exil au « territoire du déni de l’existence. » Ce manque est remplacé, Sanbar précise, par des images de l’arrivée des Palestiniens dans les pays voisins, images prises pour la plupart par les agents de l’UNRWA. Peut-on imaginer qu’une destruction à l’échelle d’un pays puisse passer inaperçu ? Est-ce possible que ce que les Palestiniens et les Palestiniennes ont vécu comme la destruction de leur monde se soit évaporé des nombreuses images prises en Palestine au même moment ? Ces « images manquantes, » ont pourtant été prises. Comment expliquer cette contradiction ?
Une violence onto-épistémologique a été nécessaire pour que ces images de destruction continuent à être célébrées par l’Occident comme la rédemption du « peuple Juif » par la même Europe responsable de l’Holocauste qui lui a « donné » un État. Une idéologie coloniale de la photographie a pu être mise en place avec beaucoup de violence pour faire croire que les photos appartiennent à ceux qui ont tenu les appareils photo dans leurs mains ou aux institutions qui les ont acquis et non pas aux personnes photographiées aussi. Tandis que l’identité du photographe est importante (la plupart étaient des photographes Sionistes) elle ne détermine pas toute seule ce qui s’inscrit dans l’image photographique – les personnes photographiées sont des acteurs et actrices à part entière, aussi bien que les spectateurs et spectatrices qui interagissent avec eux et elles.
Regarder ensemble ces photos prises en Palestine à la fin des années 40, on peut voir le génocide en cours à travers la matrice du colonialisme de peuplement qui, vers la fin des années quarante, a défini les Palestiniens et les choses Palestiniennes comme exterminable, et le monde juif musulman – au Moyen Orient et au Maghreb – sacrifiable pour mener à bien ce projet sioniste génocidaire.
La plupart de ces images ont été récolté dans les archives sionistes et exposées annotées à la galerie Mosaic Rooms à Londres en 2011 et ont été imprimées dans un livre que j’ai publié sous le titre : "From Palestine to Israel – A Photogrpahic Records of Destruction and State Formation 1947-1950". »
Ariella Aïsha Azoulay, pour ALIDO
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Ariella Aïsha Azoulay est titulaire de la chaire d’excellence « Habiter les ruines du monde Juif Musulman » à Amidex et enseigne à Brown University la théorie politique d’une perspective anticoloniale à travers l’usage de la photographie, les bijoux et les archives qu’elle crée.
Parmi ses livres « Les bijoutier.es de l’Oumma - désapprendre le pillage colonial » (traduction collective, Editions Terrasses, 2026), « La résistante des bijoux » (Ròt-Bò-Krik, 2023), et « From Palestine to Israel: A Photographic Record of Destruction and State Formation, 1947–1950 » (Pluto Press, 2011) et « Fils d’Or » (Kulte, 2025). Contribution à l'ouvrage collectif "Contre l'antisémitisme et ses instrumentalisations" (La Fabrique, 2024).
Parmi ses films : la trilogie « Désapprendre le pillage impérial : Mille et un bijoux » (2025), « Le monde comme un bijou au creux de la main », (2023), « Sans-Papiers » (2019).
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« Qu'est-ce qui dans l'image coloniale est réfractaire au colonialisme, qu'est-ce qui dans les photos de la Nakba résiste et porte témoignage pour le présent ? Et que peut la parole au-delà de l'image ? Ce film invite à la transmission, à la réunion et à la création de liens. »
Librairie Petite Egypte, Paris, 09/2026
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