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Nadine Saoudi, Hajer Tabakh, Rajae Yourja, Daniel Vetter, Cecil Lewelling, Fatehia Hamid Addin et Kahyss Guittoune-Daoulisy, étudiants du Département d'études arabes de l'Université de Strasbourg, sous la direction d'Abdulrahman Al-Suraihi.
Donia AL-AMAL ISMAIL
Dalya ABDALRAHMAN
La seizième nuit de la guerre sembla étrangement calme. Les bruits lourds et terrifiants des avions disparurent, à l’inverse des jours précédents. Tout parut figé et douteux, même le grillon nous a privé de son chant mélodieux durant cette nuit étrange.
Un silence total enveloppa les dernières heures de cette seizième nuit de guerre, que nous vivons dans les détails les plus amers et terrifiants. Les minutes et les secondes s’écoulaient lentement. Tout le monde s’est endormi ou faisait semblant de dormir en ayant les yeux fermés en gardant espoir et les cœurs remplis de prières qui pourraient leur être utiles dans les nuits de la mort qui les entourent sans qu’aucun d’entre eux ne comprenne ce qui se passe et pourquoi cela se passe-t-il et jusqu’à quand cela va continuer.
Tout le monde s’est endormi sans que personne ne dorme réellement, comme si le sommeil était la porte de la mort qui les guettait à travers toutes les fenêtres qui les entouraient. Une partie de la nuit s’est écoulée, comme d’habitude chargée de peur, de stress et d’inquiétude d’une frappe aérienne soudaine qui s’accapare des rêves endormis sur des coussins éparpillés sur le sol de la maison qui s’est transformé en un refuge qui n’est pas sûr.
بدت الليلة السادسة عشرة من أيام الحرب هادئة جداً بشكلٍ لافتٍ، أصوات الطائرات الثقيلة المرعبة، غابت، على غير عادتها في الأيام السابقة، بدا كلّ شيء ساكناً إلى حد الريبة، حتى صرصور الليل لم يتحفنا بصوته الرتيب في هذه الليلة الغريبة.
سكون تام غلّف الساعات الأخيرة من الليلة السادسة عشرة من الحرب التي نعيش تفاصيلها المريرة والمرعبة. على مدار الدقائق والثواني، نام الجميع، أو استناموا وعيونهم مغمضةٌ على أمل، وقلوبهم عامرةٍ بتسبيحٍ قد ينفعهم في ليالي الموت المحيطة بهم دون أن يفهم أيٌ منهم ما الذي يحدث ولماذا يحدث وإلى متى سيظل يحدث؟
نام الجميع ولم ينم أحد وكأنّ النوم مدخل للموت المحدّق من كلِ نافذةٍ تحيط بهم. مرّ بعض الليل مشحونًا – كما يحدث دائماً- بالخوف والتوتر والقلق من ضربةٍ جويةٍ مباغتةٍ تنقضّ على الأحلام النائمة على وسادات مبعثرة على أرضية المنزل الذي تحوّل إلى ملجأ غير آمن.
Je me réveille la nuit, je me redresse sur le lit, j’ouvre un œil sur la pénombre qui enveloppe le lieu. J’ai envie d’une tasse de café que je ne peux pas préparer à cette heure avancée de la nuit.
Tout le monde est endormi par terre et occupe le moindre espace disponible sur le sol de la chambre et du couloir. Je ne peux les enjamber facilement, sans faire de bruit ou d’agitation qui les réveillent. Et puis, il n’y aura bientôt plus de gaz et il faut vraiment qu’on y fasse attention. Est-ce si important de prendre du café à cette heure de la nuit ? Les avions sont au-dessus de nos têtes, au-dessus des toits de nos tentes et de nos maisons. C’est quoi ces envies déplacées ? Comme s’il ne se passait rien autour et qu’il n’y avait pas de guerre.
Je zappe sur les fréquences radio que j’arrive à capter sur mon vieux petit téléphone, qu’on nomme cellulaire, si important dans cette guerre. Rien d’extraordinaire, toujours les mêmes informations : des morts, des destructions, des condamnations et des discours indignés. Je l’éteins. Je cherche un livre à lire dans le tas de livres qui se trouvent sur le sol à côté de mon matelas – j’en ai emprunté quelques-uns à mon amie l’écrivaine Yusrā al-Khaṭīb qui habite à al-Nuṣayrāt.
J’ai lu tout ce qui m’est tombé sous la main, au hasard ou volontairement. Dans la pénombre épaisse, à la lumière du même téléphone portable – toujours le même – j’ai feuilleté mon bloc-notes. Peut-être en sortirais-je une idée ou une histoire. Mais rien ne se passe. Je ressens une peine et un abattement dont je ne peux cerner précisément les contours. Le temps passe et J’erre entre mes angoisses et ce qui me reste de sentiment que je conserve au cas où. Je me suis penché sur mes blessures, j’ai étendu mon corps sur le matelas, j’ai laissé pendre ma main en dehors de l’oreiller et j’ai commencé à me plonger dans le livre du sommeil.
أستيقظ في الليل، أعتدل من على الفراش، أنظرُ إلى العتمة التي تحيط بالمكان، اشتهيت فنجان قهوة، لا يمكنني تجهيزه في هذا الوقت المتأخر من الليل. الجميع نيام، يفترشون كل مساحة متاحة على أرضية الغرفة والممر، لا يمكنني تخطيهم بسهولة، أو دون أن أُحدث صوتا أو ارتباكًا ما قد يوقظهم، ثم إنّ غاز الطهي قارب على النفاذ وعلينا أن نحتاط لذلك جيداً. ليس مهمًا كثيرًا تناول فنجان قهوة في هذا الوقت من الليل والطائرات فوق رؤوسنا ورؤوس خيامنا وبيوتنا. كم أمارة بالسوء هذه النفس، لا تراعي ظرفًا ولا حربًا. أُقلّب محطات الراديو التي يمكن التقاطها على هاتفي النقال الصغير القديم المهم في هذه الحرب والذي نسميه الجوّال، لا شيء غير معتاد، الأخبار ذاتها: قتل ودمار وشجب واستنكار. أطفئه. أبحث عن كتابً للقراءة من كومة الكتب المجاورة لفراشي على الأرض، والتي استعرت بعضها من صديقتي الكاتبة يسرا الخطيب المقيمة في النصيرات. لقد قرأت كل ما وقع تحت يدّي صدفة وعمداً. في العتمة الحالكة وعلى ضوء الهاتف النقّال ذاته، أُقلّب دفتر ملاحظاتي لعلي أخرج بفكرة ما، بقصة ما. لا شيء يتحقق. شعرتُ بحسرةٍ لم أستطع تلمس ملامحها بدقة. يمضي الوقت وأنا أتجول بين هواجسي وبقايا مشاعر أحتفظ بها لوقت الحاجة. انحنيتُ فوق جروحي، مددتُ جسدي على الفراش، دليتُ يدي من على الوسادة وبدأت أقرأ في كتاب النوم.
La guerre a rongé notre capacité de résistance. Aujourd’hui, On est vaincu, et dans la défaite, on ne se pose plus de questions. Rien d’autre que l’abattement et l’oppression qui irradient de tous les coins obscurs qui nous entourent de part et d’autre. Le chemin s’est dérobé sous nos pieds. Les choses ont perdu leurs traits et leur ancienne splendeur. Le sentiment de perte remplit l’esprit et l’âme. Le pays fuit le déluge pour y tomber à nouveau telle une plume face à une tempête déchainée. Nous affrontons la guerre sans que personne ne puisse dissiper les ténèbres qui se répandent au point d’accabler le cœur du pays de chagrin et d’affliction, comme si nous étions le dernier fruit dans un panier autrefois bien garni.
Ce Gaza pourrait-il se remplir de mélodies, accueillir le sourire du printemps et voir disparaitre à jamais la nuit de ses peines ? Ou bien les gens se sont-ils tant accoutumés à l’obscurité qu’ils ne reconnaissent plus la lumière ?
Ahhh! Ce pays ne se contente pas de chagrin, comme un soufi qui fait ses prières dans son mihrab. Si seulement, je pouvais te cacher au fond de mes yeux pour te protéger de la convoitise des envahisseurs et des voleurs et te chanter un air contre le dépérissement et la disparition. Mais, j’étais pareil à celui qui chantait des douleurs, planant dans un monde infini, jusqu’à devenir une plume portée par les souffles des chagrins et de la mémoire, tout en buvant ma gorgée de manque, de nostalgie et d’anciennes larmes emprisonnées dans les catacombes de mes ardeurs.
La guerre détient toujours nos souffles et plante ses douleurs dans nos cœurs comme si nous étions à la fin d’un jour qui s’estompe. Mon cœur me demande : comment la joie peut-elle s’éteindre en un instant ? Et nous, comme celui qui frappe d’un coup de poing le mur, nous combattons la guerre dans une nuit qui ne ferme pas l’œil. Nous attendons que le soleil apparaisse, que les montagnes de tristesses s’écartent de nos poitrines et que nous sortions du livre des contes et des merveilles avec l’aisance d’un conteur qui rêve de poésie, de musique et d’un jour ordinaire sans mort.
لقد أكلت الحرب قدرتنا على المقاومة، أصبحنا مهزومين، وفي الهزيمة لا تطرح الأسئلة. لا شيء الانكسار والقهر المشع من زوايا العتمة التي تحيط بنا من كل حدب وصوب. ضاعت الطريق من أقدامنا، الأشياء فقدت ملامحها وبهاءها القديم، الشعور بالخسارة يملأ النفس والروح. تفرُّ البلاد من الطوفان فتقع فيه، كريشةٍ تواجه عاصفة هوجاء، نُواجه الحرب ولا أحد يبدد الظلام المنتشر حتى امتلأ قلب البلاد بالهم والغم، وكأننا آخر حبة في سلةٍ كانت ممتلئة
بالفاكهة.
هل يمكن لهذه الغزّة أن تمتلئ بالأنغام وتطلُّ عليها بسمة الربيع ويذهب ليل أحزانها بلا رجعة أم قد ألف الناس الظلام حتى باتوا لا يعرفون الضوء.
آاااه؛ لا تكتفي هذه البلاد بالحزن، وكأنها متصوف يتبتل في محرابه، يا ليتني أستطيع أن أُخفيك في عينييّ عن عيون الغزاة واللصوص، أُغنيك لحنا ضد الذبول والفناء، لكنني كنت مثل الذي غنى من الوجع، أُحلق في عالمٍ لا نهائي حتى صرت ريشة تميل مع نسمات الأحزان والذكرى، وأنا أتجرع جرعتي من الشوق والحنين وبكاء قديم معتّق في سراديب الوجد. والحرب ما زالت تُمسكُ بأنفاسنا وتغرس في قلوبنا آلامها، كأننا في نهارٍ يتوارى ويسألني قلبي: كيف تنطفئ البهجة في لحظة؟ ونحن كمن يضرب الجدار بقبضة يده، نحارب الحرب في ليلٍ لم تغمض له عين، ننتظر أن تُطلًُ علينا الشمس وأن تنزاح جبال الأحزان من على صدورنا. وأن نخرج من دفتر الحواديت والعجائب بسلاسة راوٍ يحلم بالشعر والموسيقى وبيومٍ عادي بلا موت.
Ô combien j’ai souhaité que ma patrie fût une valise et moi une voyageuse pour fuir loin de toute cette destruction et de cette douleur, pour la protéger dans mes bras de ces calamités qui l’encerclent de toutes parts.
Ô combien j’ai souhaité que ma patrie soit une valise pour que les fidèles la portent et qu’elle ne soit plus otage entre les mains de ceux qui ne la considèrent comme une priorité ni dans leur vie, ni dans leurs ambitions politiques et partisanes.
Je voudrais pleurer comme a pleuré jadis Abû Hurayrâ sous le poids du fardeau, de la mauvaise compagnie, du manque de vivres et de la longueur du chemin.
Je voudrais pleurer comme personne n’a jamais pleuré auparavant, je voudrais pleurer d’un pleur qui comble mon besoin de verser des larmes durant dix mois d’amer souffrance où l’âme se consume avant le corps.
Ô Quels jours pesants que ces jours-ci ! Comme si tout le pays respirait à travers le chas d’une aiguille. Ce sont, je le jure, des jours plus lourds que les montagnes.
Ni la patience ni la force n’y ont suffi.
Alors quand, Ô mon Dieu, notre angoisse s’apaisera-t-elle, quand nos cœurs retrouveront-ils la sérénité et quand nos esprits se reposeront-ils de tout ce chaos et de toute cette folie ?
كم تمنيت أن يكون وطني حقيبة وأنا مسافرة، كي أهرب بعيدًا عن كل هذا الدمار و هذا الألم و أحميه بين ذراعييّ من هذه الويلات، المحيطة به من كل صوبٍ وحدبٍ.
كم تمنيت أن يكون وطني حقيبة كي يحمله المخلصون ولا يكون رهينةً في يد من لا يرونه أولوية في حياتهم وتطلعاتهم السياسية والحزبية.
أريد أن أبكي - مثلما بكى يومًا ما أبو هريرة- مِنْ ثِقَلِ الحِمْلِ، وسوء الرفيق، ومن قلةِ الزاد، وبُعدِ الطريق. أريد أن أبكي، كما لم يبكِّ أحدٌ من قبل، أريد أن أبكي بكاءً يسدُّ حاجتي للبكاء طيلة عشرة أشهر من العذاب المر وذوبان الروح قبل الجسد.
يا لها من أيامٍ ثقال، وكأنّ البلاد كلها تتنفس من خرم إبرة، إنها والله أيامٌ أثقل من الجبال. لم ينفع معها صبرٌ ولا قوة.
فمتى يا الله يهدأَ قلقنا وتطمئنَّ قلوبنا، وتستريحَ عقولنا من كل هذا الخراب والجنون.
Nul refuge où Gaza peut se reposer. Ses confins oubliés, tels des perles rejetées du collier de la vie, son rivage silencieux enveloppe les grand-mères de la ville qui murmurent des contes au creux des vagues. Son ciel est assiégé par un espoir impossible, vide de toute exaltation, de rêve des débuts et de la peur des amoureux d’une rencontre qui peut-être n’aura jamais lieu. Une obscurité telle une énorme chauve-souris dissimulant ceux qui viendraient de loin sans orchestre pour les accueillir, soulever les cœurs des foules, faire disparaître la tristesse derrière les fenêtres, répandre la folie dans les rues et s’échapper de la prison des guerres et de l’angoisse des lys sauvages, d’une fin qui ne conviendrait pas à l’histoire. Quant à Gaza, elle dort sur le lie de sa douleur.
Gaza, celle que personne ne veut et que tout le monde aime, la seule qui possède le pouvoir d’attendre sa mort avec l’innocence d’un nourrissant qui joue et qui sourit à ses meurtriers qui l’entourent et puis pour une dernière fois, il s’endort.
La guerre se poursuit, et Gaza est toujours à la recherche de la vie.
لا بيت تستريح فيه غزة. نهاياتها المنسيّة، لا تصلح خرزًا في عقد الحياة، بحرها الصموت، يطوي
جدّات المدينة، وهنّ يسردنّ الحكايات في أذن الموج. فضاؤها مُسيّج بأملٍ مستحيلٍ، خالٍ من الإثارة،
من حلم البدايات، وخوف العاشقين من لقاءٍ قد لا يكتمل. ظلامٌ كخفاشٍ هائلٍ يلفُّ الآتي من بعيد، دون
جوقةٍ تليقُ بالغائبين، تهزُّ قلوب الجموع، تُفَتتُّ حزن النوافذ، تنشرُ الجنونَ على الطرقات، تَفْلتُ من أسر
الحروب وقلق الزنابق البرية من نهايةٍ لا تليق بالحكاية وغزة؛ نائمة على خصر وجعها.
غزة التي لا يريدها أحد، ويحبها كل أحد، وحدها فقط، تملك انتظار موتها، بوداعةِ طفلٍ يلهو في مَهْدِّه،
يبتسمُ للقتلة من حوله، ثم- لمرةٍ أخيرة - ينام.
وماتزال الحرب مستمرة،
وما تزال غزة تبحث عن الحياة.
Il a attendu longtemps, et moi, je continuais à le regarder attendant son retour, mais il n’est pas revenu, son ami ne lui a pas répondu. Il pleuvait averse. Ses vêtements étaient compléments trempés, ce qu’il ne l’a pas empêché de continuer à essayer. Toujours à la fenêtre à moitié endormie, je menaçais la petite d’une main, m’appuyant avec l’autre sur le mur, suivant des yeux ses mouvements avec inquiétude. Je suis restée ainsi pendant un long moment. La petite s’est endormi, ce n’était pas mon cas et lui, il n’est toujours pas de retour. Je me suis accroché à l’espoir qu’il reviendrait bientôt mais il est resté là, à réfléchir et attendre.
سأذهب الآن في نزهةٍ قصيرة لأفكر قليلاً، قال لي. هذا شيءٌ اعتدته منه، غالبًا ما كان يفعل ذلك، حين
كنا معًا واشتد بيننا النقاش.
كنتُ أراه من النافذة وهو يجتاز الشارع تحت المطر إلى الجهة المقابلة، يجلس جوار صديقٍ اعتاد أن
يكون في ذلك المكان دومًا، في كل الأوقات؛ شتاء وصيفاً، ليلاً ونهاراً، لكنّه في ذلك المساء لم يجده،
حدّق يمنة ويسرة فلم يجده. أرى حيرته من بعيد، رأيتُ يديه تمسك بهاتفه النقّال، لابد أنه يهاتفه ليعرف
أين هو. انتظر طويلاً، وأنا أنظر إليه ما زلت. أنتظر عودته، لكنه لم يعد ولم يرد صديقه على مكالمته.
ما زال المطر ينهمر بكثافة، ابتلت ملابسه كلها ولم يحجم عن الاستمرار في المحاولة وأنا ما زلت أنظر
إليه من خلف النافذة، أُهدد الصغيرة التي نامت أمها من تعب النهار المفرط بيد وأركن بيدي الأخرى
على الجدار وعيناي تتبعان حركته بارتباك. مضى وقتٌ وأنا على هذه الحال. نامت الصغيرة ولم أنم
وهو لم يعد. اتكأت على أملٍ بعودته القريبة، لكنه ظل هناك يفكر وينتظر.
Depuis qu’il les a quittés, deux mois et demi après le début de la guerre, à la fin du triste mois de décembre, mon amie cherchait son frère, remuant constamment ciel et terre.
Son père le cherchait également chaque jour à travers les visages des martyres et les restes des dépouilles. Il examinait les listes des prisonniers libérés, écrasés par leur tristesse, à qui il demandait s’ils avaient entendu parler de lui ou s’ils avaient croisé son regard. Il interrogeait ceux qui, abattus, fuyaient le siège des chars :
Avez-vous vu un jeune homme,
Aux cheveux fournis,
Au nez fin,
et aux grands yeux clairs ?
Nous cherchions avec eux un jeune homme nommé Ahmed, sur les sites d’informations, à travers les récits des martyrs et des disparus.
Hier, mon amie m’a envoyé un message me disant : ils nous ont informés que demain, nous pourrons récupérer l’acte de décès d’Ahmad et l’attestation de son martyre.
منذ أن غاب عنهم بعد شهرين ونصف من الحرب أواخر ديسمبر الحزين وصديقتي تبحث عن أخيها في كل وقت وفي كل مكان
والدها أيضًا كان يبحث في وجوه الشهداء كل يوم ويبحث في أشلاءهم، يبحث في كشوفات الأسرى العائدين بحزنهم، يسألهم إن سمعوا باسمه، إن لامست عيونهم مرآه، كان يسأل المقهورين العائدين من حصار الدبابات؛
هل رأيتم فتى،
شعره كثيف،
أنفه دقيق،
عيناه واسعتان ملونة.
كنا نبحث معهم عن فتى اسمه أحمد، في مواقع الأخبار. وفي قصص الشهداء والمفقودين.
بالأمس أرسلت لي صديقتي رسالة قصيرة
تقول فيها: أبلغونا أن نتسلّم غدًا شهادة وفاة لأحمد، وإفادة شهيد.
Je me tiens devant un palmier reposant sur le bras du ciel, contemplant cet endroit où je n’aurais jamais imaginé vivre un jour, lors de mon septième déplacement pendant la guerre.
Mon regard parcourt les contours de la vie ici, si tant est qu’on puisse encore appeler cela une vie, un lieu hérissé de morceaux de tissus de toutes les couleurs et de toutes les sortes, en guise de maisons et de tentes. Je me suis demandé comment les gens avaient pu survivre durant tous ces misérables mois, au milieu de cette laideur et de ces ruines.
La chaleur du soleil dissipe tout éclat possible des couleurs et la vie dans une tente est devenue notre maison et le seul voile de dignité que nous ont imposé des dirigeants et des gouvernants venus de partout. Un mélange étrange qu’on ne rencontre qu’à Gaza : des mots à la signification douloureuse et d’une humeur amère, des mots que nous connaissons tous bien, étalant leurs lettres sur des tentes et des débris des tentes dispersées aux alentours dans un désordre excessif.
UNICEF, UNRWA. Qatar, Emirats Arabes Unis, Pakistan, Oman et tant d’autres pays du monde qui nous ont témoigné d’une telle bonté par leurs dons abondants et qui habillent notre chair vive contre les avions de l’ennemi qui semble désormais n’en être plus un. Des mots qui ne ressemblent pas aux patries qui n’auraient jamais dû les désigner, que je lis avec tristesse alors qu’ils côtoient les flaques d’eau usée et les tas d’ordures pendant que les enfants jouent et s’ébattent comme si le monde leur appartenait, pieds nus, les cheveux en bataille, les visages couverts de poussière. Leurs corps brunis par le soleil et le manque de propreté constitue un semblant de vêtements. Certains portent des habits trop petits pour leur âge, trop grands pour d’autres et pour d’autres encore ils couvrent à peine le bas de leurs corps maigres. Des scènes devenues des plus courantes de cette guerre maudite, insupportables pour les cœurs brisés par la douleur de l’humiliation, du mépris et de l’oppression auxquels nous ont réduits ceux qui nous sont connus comme ceux qui nous sont étrangers.
Je me tiens toujours devant le palmier solitaire, gorgé de fruits, se reposant de la lassitude de la guerre et de la vie sur le bras du ciel. Je pense à moi, à mes enfants, au fait que nous soyons dispersés, et à la façon dont la guerre a suspendu le moindre de nos rêves de retrouvailles après que mes filles aient terminé leurs études en Égypte. Je me demande comment trouver un peu de répit face à cette course incessante de recherche de travail, et je repense à ce texte presque achevé, la lettre de ma famille avant la guerre. Il semble qu'il reste encore beaucoup à faire pour réparer les dégâts causés par la guerre dans la maison et aux alentours. Pourtant, malgré tout cela, j'aspire toujours à une journée ordinaire, morne, monotone, une journée où je pourrai tranquillement boire mon café en écoutant Fayrūz, où je pourrai planifier mes journées au milieu du chaos de la vie et de mes éternelles plaintes sur d'innombrables détails, détails que je détestais autrefois et qui me manquent maintenant. Perdue dans mes pensées, depuis un certain temps déjà, la guerre ne me permet plus de rêvasser. Et quand, ô Dunyā*, les guerres étaient-elles à l’écoute de la musique du cœur et de l'âme ? La vie a toujours été difficile avec moi, dans la plupart des circonstances, alors que dire en temps de guerre ? Et quelle guerre !
Je sors de ma rêverie et je constate que mes pieds avaient été éclaboussés d'eaux usées, après qu'un petit enfant, pieds nus, les cheveux poussiéreux et le visage souriant, ait jeté une toute petite pierre dans la flaque qu'il prenait pour une mer, et puis il est parti.
* Le terme écrit en arabe renvoie à deux significations possibles, le prénom de l’autrice et le monde.
أقف أمام نخلةٍ تستريح على ساعد الفضاء، أتأمل هذا المكان الذي لم يخطر ببالي يومًا أن أقيم فيه خلال نزوحي السابع في الحرب. أجوب بعينيّ أجواء الحياة هنا - إن كانت حقا تُسمى حياة- مكان مدجّج بأقمشة من كل لونٍ ونوع بديلاً للبيت والخيمة، سألت نفسي كيف عاش الناس كل تلك الشهور البائسة في هذا القبح والخراب.
حرارة الشمس تبدد كل بهجةٍ ممكنة للألوان والحياة في خيمة صارت هي البيت وستر الدنيا الذي قررّه لنا حكام وقادة من كل مكان.
توليفة غرائبية لا يمكن أن تجتمع إلا في غزة، كلمات ذات معنى مؤلم، ومضحك بمرارة نعرفها جيداً، تفرش حروفها على خيم وبقايا خيم تنتشر في الجوار والمحيط بعشوائية مُفرطة؛ اليونسيف، الأونروا، قطر، الإمارات، باكستان، عُمان وغيرها من بلدن الدنيا والعالم التي حنّت علينا بموفور عطائها وسترت لحمنا الحي من طائرات العدو الذي لم يعد- على ما يبدو عدواً- كلمات لا تشبه الأوطان ولا كان يجب أن تدّل عليها، أقرأها بأسى وهي تتجاور مع برك الصرف الصحي وأكوام القمامة والصغار يلعبون ويمرحون كأنّ الدنيا ملكهم حفاة، شعثاء الشعر، مغبرو الوجوه، يستر أجسادهم السمراء بفعل الشمس وقلة النظافة ما يشبه الملابس، بعضهم ملابسه أصغر من سنه وبعضهم أكبر منها والآخرون يرتدون ما يستر أسفل أجسادهم النحيلة فقط. مشاهد صارت من ثوابت الحرب اللعينة، تعزُّ على القلوب التي انفرطت ألمًا لما وصلنا إليه من ذلٍ ومهانة وقهرٍ من القريب والغريب.
ما زلت أقف أمام النخلة الوحيدة، العامرة بالثمار، وهي تستريح من تعب الحرب والحياة على ساعد الفضاء، أفكّر في نفسي وأبنائي وتشتتنا وكيف أوقفت الحرب كل أحلامنا البسيطة في لم شملنا بعد انتهاء دراسة البنتين في مصر، وأُفكّر كيف يمكنني أن أستريح من الجري والبحث الدائم عن العمل والكتابة الذي كاد أن يقترب باكتمال رسالتي الأسرية قبل الحرب، يبدو مازال هناك تعب كثير ينتظرني لأرمم خراب الحرب في البيت والجوار ، ومازلت رغم كل ذلك أنتظر يوماً عاديًا مملاً رتيبًا أشرب فيه قهوتي على مهل وأنا أستمع لفيروز وأخطط لنهارات كثيرة ممزوجة بفوضى الحياة وتأففي الدائم من تفاصيل كثيرة، كم كرهتها سابقاً وأشتاق إليها الآن.
غارقة في سرحاني ومنذ زمنٍ غير قليلٍ لم تسمح لي الحرب بالسرحان، ومتى كانت الحروب تنصت يا دنيا لعزف القلب والوجدان، كانت الحياة عصيّة علّي في أغلب أحوالها وأيامها، فما بالك بالحرب ويالها من حرب.
أفيق من سرحاني هذا وقد طرطشت قدّمي مياه الصرف الصحي، بعد حجرٍ صغير جدًا، ألقاه طفل صغير، حافي القدمين، مغبّر الشعر والوجه، باسمًا، في البركة التي ظَنّها بحرًا ومشى.