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GAZA CONTINUE DE BRÛLER : À QUOI SERT DE<br />
VOIR, SI C'EST POUR NE PAS AGIR ?

GAZA CONTINUE DE BRÛLER : À QUOI SERT DE
VOIR, SI C'EST POUR NE PAS AGIR ?

Plus de 1100 personnalités et 45 organisations appellent à des actions concrètes en solidarité avec la Palestine

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À LA BIENNALE DE VENISE
À LA FÊTE INTERNATIONALE DU FILM
AUX PROFESSIONNELS DU CINÉMA, DE L’AUDIOVISUEL ET DE LA CULTURE

ET POURTANT, GAZA CONTINUE DE BRÛLER

Une année s’est écoulée…

Il y a un an, des milliers de personnes ont répondu à l’appel de Venice4Palestine pour mettre la Palestine sous les feux de la rampe du Festival du cinéma et placer la résistance du peuple palestinien au cœur du débat public : on a enfin parlé ouvertement de génocide plutôt que de guerre. Alors que nous demandions à la Biennale et au Festival de prendre clairement position et aux professionnel·le·s du cinéma d’exprimer leur solidarité, la projection de *Sawt Hind Rajab* (La Voix de Hind Rajab), pendant le festival, a soudainement semblé se faire l’écho de ces revendications, suscitant une émotion et une indignation collectives. Dans les jours et les semaines qui ont suivi, dans le sillage de ce mouvement de conscience populaire qui s’était créé, nous sommes descendus par millions dans les rues et avons pris la mer en signe de solidarité avec le peuple palestinien. Une vague de mobilisation nous a donné l’espoir qu’ensemble, nous pourrions contribuer à mettre fin au génocide.

Une nouvelle normalité s’est cependant imposée – notamment grâce à un faux cessez-le-feu.
Non seulement Israël ne s’est pas arrêté, mais il a poursuivi ses atrocités, étendant sa puissance de feu à la Cisjordanie, à la Syrie, au Liban et à l’Iran. Pour le peuple palestinien, rien n’a changé et les larmes ne suffisent pas à nous absoudre : elles sont plutôt la preuve que nous ne parvenons pas à puiser avec suffisamment de force dans notre pouvoir d’action collective.

La Palestine nous rappelle qu’« un autre monde est possible ».

Il y a vingt-cinq ans, nous avons vécu le traumatisme collectif de Gênes en 2001. Nous avons assisté à l’une des plus graves suspensions de la démocratie. Les prises de position exprimant la dissidence ont été réduites au silence avec une violence indicible. Un carnage mis en scène délibérément comme un acte de démonstration, pour dicter à la mémoire collective un ordre précis pour l’avenir : se souvenir du sang et oublier les idées qu’une collectivité avait exprimées pour changer le monde.

Ce gigantesque laboratoire de répression, nous le retrouvons aujourd’hui de plus en plus présent en Italie et dans de nombreux autres États qui se disent démocratiques. Le harcèlement oppressif de nos gouvernements, les actions répressives de leurs forces armées, les lois liberticides, les récits mensongers diffusés par des médias complaisants, constituent un mur contre lequel se brisent les revendications de justice, d’équité et de réciprocité. Aussi tragique et amer que cela puisse paraître, cependant, la résistance palestinienne nous a reconnectés à l’idée qu’« un autre monde est possible ». Le peuple palestinien continue de s’opposer et de créer, de raconter la réalité présente au péril de sa vie, de préserver la mémoire et d’entretenir l’espoir d’un avenir différent et plus juste : nous avons le devoir d’accueillir et de mettre en pratique cet enseignement. Les villes militarisées et les lois anticonstitutionnelles qui criminalisent la dissidence trahissent la peur d’un système déshumanisant confronté à la force d’une collectivité consciente et déterminée. Nous ne devons donc pas laisser ces représailles nous paralyser et nous diviser. Le durcissement de la répression est la preuve que nos actions ont un impact. Il faut donc continuer à persévérer.

Cela s’est déjà produit. Cela se produit actuellement.

Les dockers bloquent les cargaisons d’armes, revendiquant le droit à l’objection de conscience comme moyen de protection contre les accusations injustifiées et les mesures disciplinaires. À la Biennale d’art de Venise, notamment grâce à l’action de l’ANGA (Art Not Genocide Alliance), le jury international a démissionné en bloc et les travailleurs ont contesté l’ouverture du pavillon israélien, en se mettant en grève pour la première fois dans l’histoire de cette institution. Dans les eaux internationales, la Global Sumud Flotilla a défié le siège israélien, transformant la solidarité en action concrète et révélant le vrai visage d’un État criminel. Ce sont là autant de luttes qui vont dans le même sens : refuser d’être un rouage de la normalisation.

Un appel au Festival et à nos collègues :

En tant que travailleur·euses du cinéma, de l’audiovisuel et du secteur culturel, nous pensons qu’il est temps de nous organiser en action collective pour agir concrètement sur les mécanismes de complicité et de normalisation.

1- Retracer la chaîne de production, briser la complicité

Le cinéma, comme de nombreux autres secteurs de l’art et de la culture, s’appuie sur des chaînes de production : financements, coproductions, accords de distribution, ventes, festivals et manifestations, partenariats avec des festivals et des sponsors. Chacune de ces étapes peut contribuer à la normalisation de la barbarie en cours ou, au contraire, s’y opposer et y mettre fin. Il est donc nécessaire d’exiger la transparence à toutes les étapes de la chaîne de production, en suspendant tout accord avec les organismes et institutions liés au gouvernement israélien. Le caractère exceptionnel du moment historique que nous vivons nous impose d’isoler Israël sur les plans diplomatique, culturel et économique. Le boycott, en tant qu’outil de pression sur les institutions et forme de résistance (répondant à l’appel lancé en 2005 par la société civile palestinienne par l’intermédiaire du PACBI et du BDS*), ne vise pas l’identité en tant que telle, mais agit précisément sur les mécanismes de complicité. Et ce, jusqu’à ce que le gouvernement israélien se conforme au droit international et accepte au moins les trois conditions principales énoncées dans l’appel original du BDS :
- mettre fin à l’occupation et à la colonisation de la Palestine ;
- reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabes palestiniens d’Israël ;
- respecter le droit des réfugiés palestiniens à retrouver leurs biens, comme le prévoit la résolution 194 des Nations unies.

2- De la prise de conscience à la pratique commune

Nous appelons tous les acteurs et toutes les associations du cinéma, de l’information et de la culture à s’unir pour mettre en place un dispositif de protection qui défende les travailleurs du secteur contre les risques professionnels liés à un engagement concret contre le génocide, brisant ainsi le chantage à l’emploi qui décourage aujourd’hui la désobéissance.

Partant de la nécessité d’une action commune, nous avons élaboré, en collaboration avec une équipe juridique, un premier outil permettant à chaque travailleur·euse du cinéma de se dissocier de la complicité avec les crimes qu’Israël continue de commettre en toute impunité.

Ce document concilie la Constitution italienne, le droit international et le droit d’auteur, en réponse à la récente polémique sur la rétrospective du cinéma italien en Israël et à ce sentiment d’impuissance exprimé par les auteurs concernés face à la gestion et à l’exploitation de leurs œuvres et de leur image.

3- On n’oublie pas la Palestine

Afin d’honorer la présence des deux films palestiniens, *Al Mowaten Osama* d’Ahmed Hassouna et *Hiwar ma’ albahr* de Muayad Alayan, nous demandons à la Mostra de hisser, pendant toute la durée du festival, le drapeau palestinien aux côtés de tous les autres drapeaux représentant les films de la sélection officielle, conformément à la pratique habituelle et comme cela a déjà été reconnu par les sources d’information officielles de la Mostra.

L’année dernière, nous avions souligné la nécessité de mettre en avant les voix des artistes palestiniens lors des cérémonies d’ouverture et de clôture de la Mostra. Cette demande a été accueillie par la présidence de la Biennale et par la direction artistique du Festival, non pas en donnant la parole à des Palestiniens, mais en invitant des personnes travaillant en Palestine et témoins de ce qui s’y passait. Les récentes déclarations du cardinal Pizzaballa, qui avait déjà témoigné sur la scène du Festival il y a un an, nous amènent à demander, aujourd’hui avec encore plus d’urgence, de renouveler ce témoignage à cette même occasion, en donnant la parole à celles et ceux qui résistent aux côtés du peuple palestinien et continuent de dénoncer cette destruction incessante que l’Union européenne et les États qui la composent ne comptent toujours pas contrer.

Enfin, nous exhortons chaque professionnel du cinéma et de la culture à continuer, par tous les moyens à sa disposition, à placer la Palestine sous les projecteurs de la Mostra et au cœur du débat public, en invitant tout le monde à la table ronde

« ET POURTANT, GAZA CONTINUE DE BRÛLER
– à quoi sert de voir si ce n’est pour agir ? »
que nous organiserons le mardi 8 septembre à 17 h 30
à la Casa degli Autori, Via Pietro Buratti 1, Lido de Venise

où nous serons accueillis par les Giornate degli Autori, afin de présenter, avec notre équipe juridique, le document sur lequel nous travaillons et d’échanger avec des expert·e·s en droit international et des militant·e·s de Global Sumud Flotilla, CRED, CALP USB, ANGA, Artisti #NoBavaglio et du Gaza International Festival for Women’s Cinema, pour construire ensemble de nouvelles voies d’action concrète.

GAZA CONTINUE DE BRÛLER :
À QUOI SERT DE VOIR, SI C'EST POUR NE PAS AGIR ?

REJOIGNEZ CET APPEL EN SIGNANT ICI

Téléchargez ici le document juridique.

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NOTE :
* BDS : Boycott, désinvestissement, sanctions ; PACBI : Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël

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Découvrez davantage d'articles sur ces thèmes :
Festival Cinéma Solidarité Prise de position
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