Le Tribunal administratif annule la décision du Collège de France
CAREP, le 15 juillet 2026
Saisi par les organisateurs du colloque et plusieurs chercheurs intervenants, le Tribunal administratif a annulé ce jour la décision par laquelle le Collège de France avait annulé le colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », prévu en novembre 2025.
Le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (CAREP Paris) se félicite de cette décision, qui constitue une victoire importante pour la liberté académique et la liberté de la recherche.
Le Tribunal confirme ainsi l’analyse du rapporteur public, qui avait estimé, lors de l’audience du 1er juin dernier, que l’annulation du colloque était « disproportionnée ». Il avait notamment rappelé que le Collège de France pouvait prendre des mesures de sécurité adaptées plutôt que de procéder à une annulation pure et simple.
Au-delà de cette affaire, cette décision rappelle un principe fondamental : face à des pressions ou à des risques allégués de troubles à l’ordre public, les établissements d’enseignement supérieur doivent tout mettre en œuvre pour garantir la tenue des débats scientifiques, plutôt que d’y renoncer. La liberté académique ne peut être limitée que de manière strictement nécessaire et proportionnée.
Le CAREP Paris remercie les chercheurs, universitaires, partenaires et soutiens qui se sont mobilisés tout au long de cette procédure, ainsi que les requérants et leurs conseils. Cette décision constitue un rappel fort du rôle essentiel des universités et des institutions de recherche comme lieux de débat, de connaissance et de pluralisme.
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> Une victoire importante pour la liberté académique.
Communiqué inter-syndical et inter-associatif
Nos organisations saluent la décision du tribunal administratif de Paris d’annuler la décision du Collège de France d’interdire le colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », prévu en novembre 2025. Par ce jugement, le tribunal rappelle avec force qu’on ne peut porter atteinte à la liberté académique sur le seul fondement d’une polémique ou en invoquant des risques d’atteinte à l’ordre public insuffisamment établis.
Le tribunal rappelle que le Collège de France, comme tout établissement d’enseignement supérieur, doit privilégier la protection de la liberté académique, de la liberté d’expression et de réunion, qui ne peuvent être sacrifiées face aux risques de troubles à l’ordre public. Il estime que les éléments avancés par le Collège de France ne caractérisaient pas suffisamment ces risques, lesquels ne justifiaient pas une annulation et auraient, le cas échéant, pu être prévenus par des mesures de sécurisation.
Cette décision est une victoire collective pour l’ensemble des organisations, universitaires, enseignantes et enseignants-chercheurs, chercheuses et chercheurs, enseignantes et enseignants et citoyennes et citoyens mobilisés en faveur de la liberté académique. Aucune pression politique, y compris du ministère, ne peut justifier la censure d’un débat scientifique.
Nous espérons que ce jugement contribuera à garantir que les établissements d’enseignement supérieur demeurent des espaces de savoir et de confrontation des idées, dans le respect des principes démocratiques. Nos organisations resteront pleinement engagées pour la défense de la liberté académique – liberté d’enseignement, de recherche, d’expression – parce que celle-ci est un pilier indispensable de la démocratie et de l’État de droit qui bénéficie à l’ensemble de la société.
Signataires : Association pour la liberté académique (Alia), Association française de science politique (AFSP), Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés académiques et pédagogiques (Caalap), CGT-Fédération de l’Education de la Recherche et de la Culture (CGT-FERC Sup), Fédération syndicale unitaire (FSU), Syndicat national de l’Enseignement supérieur (SNESUP-FSU), LDH (Ligue des droits de l’Homme / droits humains), Société des études sur le Moyen-Orient & les mondes musulmans (Se-Momm), Union nationale des étudiants de France (Unef), Syndicat national des personnels titulaires et contractuels de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Culture (SNPTES).
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