La lapidation de Saint Nadav, ou l’hérétique sans visage
Le 8 juin 2026 une tribune publiée par Le Monde met le feu à un sujet qui n’attendait qu’une étincelle pour le sacrifice.
« [?] » ont lapidé Saint Nadav !
Aussitôt la médiasphère s’embrase. Vite l’on dresse un bûcher ardent pour une immolation publique des hérétiques en sacrifice au dieu l’Art.
En la place de Grève la foule se presse, chacun apportant son offrande au dieu : qui une botte de paille, qui une bûche, grande ou petite selon sa foi. Bouche tordue par la haine, écume aux lèvres un Torquemada au petit pied brandit un fagot bien sec tout en appelant à la crémation de douze salopards…
Le tumulte est à son comble, la foule se transforme en meute affamée de chairs mortes et brûlées, imaptiente d’assiter dans l’extase aux maux indicibles et douleurs intenses qui accompagneront le trépas de [?].
Nadav, lui se porte bien, merci ! Bien remis de son aventure, c’est avec délectation qu’il s’épanche dans les dizaines de micros, aimantés vers sa sainte bouche comme les aiguilles des boussoles vers les pôles.
Sa voix tremble un peu : l’on craint une séquelle post-traumatique, l’on s’inquiète. Mais c’est en fait d’indignation qu’il s’agit, nous dit-il. D’avoir été traité ainsi, lui le courageux, le dissident intrépide, qui plus est par des gens [?] « frustrés, un peu fénéants et pas toujours suffisamment courageux » (Gideon Levy point C).
Il est LA victime et la SEULE victime (Gideon Levy point B). Peu importe le succès de son film « Oui », peu importe qu’il bénéficie du monopole de la parole, LA victime, c’est lui.
Puis les cendres des suppliciés retombent, les flammes du bûcher font place, devant micros et caméras, au feu du ciel. La meute lentement se disperse. Certains sont partis un peu plus tôt, discrètement, silencieux et cachés sous leur cape, sans doute un peu honteux d’avoir lancé une curée qu’ils n’imaginaient pas, hélas. Le petit Torquemada repart à la recherche de nouveaux lâches risquant leur vie qu’il puisse insulter, toujours fiers de risquer, lui, de faire choir son micro sur son petit pied.
Mais qui [?] Mais qui donc a osé le sacrilège [?]
Il est temps de révéler qui sont les personnes qui ont été vouées aux Gémonies, sans la parole leur soit donnée ni même que leurs noms ne soient cités.
Pourtant leurs paroles et leurs noms sont accessibles à qui veut bien. Dire que ce sont des lâches anonymes est un pur mensonge, Torquemada junior ! Autre constat : on cherche en vain dans ce texte le nom de Ladav ou celui de son film...
Un contre feu pour résister au récit dominant :
Et une dernière tribune : Nous refusons d’être votre alibi, juste pour dire que nous, français, ne sommes pas seuls, et que le regard des autres pourrait nous interpeller.
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